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ARTEMISIA



"La tête, le buste, tout le corps en mouvement, elle tendait vers sa création, les bras grands ouverts entre la palette et la toile, la poitrine offerte et la chevelure en désordre. Elle semblait livrer bataille. Elle peignait."


En 1611, à Rome, dans un atelier du quartier des artistes, la jeune Artemisia se bat avec fureur pour imposer son talent. A une époque où les femmes étaient mineures à vie, quand elles appartenaient à leur père, à leur mari, leurs frères ou leurs fils, Artemisia n’appartient qu’à son art.
Le combat qui l’attend est rude et de longue haleine. C’est un combat mené à la pointe de son pinceau qui va lui permettre de se faire une place parmi les plus grands artistes du XVIIème siècle, non seulement en Italie, mais aussi en Europe. Et son adversaire le plus redoutable n’est autre que son père, son maître, le célèbre peintre Orazio Gentileschi. Il voudrait cacher au monde la sensualité et surtout le génie de sa fille.
Cette rivalité persistante, le viol qu’elle a subi dans sa jeunesse, et le retentissant procès que son père intentera par la suite à son agresseur ont profondément marqué sa vie et sa carrière.

C’est le parcours très riche d'une femme, d'une artiste oubliée pendant près de 3 siècles que nous souhaitons raconter à travers le théâtre. Nous avons pris le parti d'axer l'histoire autour de sa relation ambivalente avec son père, à la fois fusionnelle et destructrice. Comment toute son oeuvre et sa vie ont été guidées par un besoin de reconnaissance, la peur de ne jamais être à la hauteur et la crainte de ne pas réussir à concilier sa vie de femme et sa vie d'artiste. Des propos insidieux que son père n'a eu de cesse de lui répéter tout au long de son apprentissage, et contre lesquels elle essaie de se débattre, en vain. C'est dans ces conditions qu'Artemisia a appris à peindre. Dans la colère.

Nous avons fait le choix d'évoluer sur un plateau complètement nu. Ainsi, nous replaçons au cœur de notre histoire l'importance du corps. Les tableaux d’Artemisia , seul support narratif et esthétique de notre récit, deviennent alors notre unique décor, notre unique costume. En effet, en s’attaquant à un genre normalement réservé aux hommes, la peinture historique et biblique, Artemisia raconte autant le destin de ses héroïnes – Judith, Danaé, Cléopâtre et tant d’autres – que l’histoire de sa propre vie puisqu’elle se représente souvent elle-même sur ses fresques.






De et avec : Flore Egal et Justine T.Annezo
Avec les précieux regards de Laetitia Brecy et Juliette Damiens
Création lumière : Lucien Valle
Création musique : Vincent Roux




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