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De Charlotte Delbo
Lecture musicale créée par Étienne Lescure et Juliette Damiens

(Spectacle tout public à partir de 12 ans)






Charlotte Delbo nous transcrit les témoignages, les récits de vies, des deux cent trente femmes  qui partirent avec elle, dans le convoi du 24 janvier 1943, de Compiègne pour Auschwitz. Publié la première fois en 1965, elle poursuit ici son besoin de raconter, de dire ce qu'elle a vécu, ce qu'elles ont vécues, et pour celles qui sont revenues ce qu'elles sont devenues.




Après avoir lu pour la première fois  Le convoi du 24 janvier,  j'ai eu le besoin de raconter, de  transmettre ce qu'il m'est arrivé durant cette lecture, les émotions, les sensations, je n'ai pas pu garder ça pour moi. J'ai alors pensé a faire une lecture, sélective (morceaux choisis) et musicale, avec un musicien et une comédienne. Une formule vagabonde.

Aujourd'hui, cette envie de partager ce récit est devenu un besoin. Je ne peux dire "partager cette histoire", le mot histoire donne quelque chose d'irréel comme un conte, non, il s'agit ici de fait historique, d'un récit vécu. Le langage devient un fait d'histoire.
Charlotte Delbo s’était promise de témoigner.  Elle ne voulait pas donner à imaginer mais rendre compte, mettre en lumière, donner à voir la réalité et la réalité n'était pas belle. La vérité fonde l'existence. Elle nous pousse à la réflexion sur «la fascination pour le mal» .


Cette lecture est accompagnée de musique électronique, d’expériences sonores. Je veux donner à ce récit une dimension actuelle, un reflet de ce qui nous entoure. La musique permet d'épaissir le propos, d'augmenter les dimensions, de redonner un cœur à tous ces corps. Nous travaillons le son comme des images: wagons qui avancent, neige dans des chaussures trouées, typhus... Créer une atmosphère palpable.

La voix quant à elle nous raconte et fait résonner ce besoin de parler qu'avaient ces femmes. «La parole était défense, réconfort, espoir. En parlant de ce que nous étions avant, de notre vie, nous continuions cet avant, nous gardions notre réalité.» La voix nous ramène au concret de leur réalité, au besoin de transmettre,de donner corps à toutes ces disparus. 

Il s'agit d'une reconstitution verbale, musicale. La clarté des descriptions du récit fait voir l'évidence des faits. Nous voulons faire surgir une parole qui remplace la disparition, l'effacement. C'est avec détermination que nous montons ce projet, comme un cri dans la nuit, une respiration vitale. 
J.D




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- Extrait sonore -

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Ont soutenu ce projet :






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